La crainte d’effets secondaires grippe la vaccination

La crainte d'effets secondaires grippe la vaccinationEn dépit des efforts du gouvernement pour enrayer les intentions anti-vaccinales des français, ces derniers restent sur leur position. Ils seraient toujours 8 sur dix à refuser le vaccin H1N1. Cette proportion ne risque pas de diminuer, alors que les premiers cas d’effets indésirables se multiplient…

91 cas sur 100 000

Après 100 000 piqures, on compte. C’est en tous cas l’une des missions de l’Afssaps, dans le cadre de son programme de surveillance des effets indésirables de vaccins H1N1 sur le territoire français. En réalité, ce sont les professionnels de santé, qui, ayant constaté un effet indésirable grave ou inattendu susceptible d’être dû au vaccin, en informe un des 31 centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) ainsi qu’aux laboratoires pharmaceutiques. Les CRPV font remonter l’information à l’Affsaps, qui la publie, après vérification. C’est ainsi que depuis le 21 octobre, date de mise en route de la campagne de vaccination, on dénombre pas moins de 91 cas sur les 100 000 injections réalisées, dont 4 cas « graves ».

Détails des effets indésirables 4 cas « graves »

Le communiqué de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé précise la notion de « grave ». Il s’agirait d’un « effet indésirable létal, ou susceptible de mettre la vie en danger, ou entraînant une invalidité ou une incapacité importantes ou durables, ou provoquant ou prolongeant une hospitalisation, ou se manifestant par une anomalie ou une malformation congénitale ». Et il y en a quatre ! On dénombre une réaction allergique,  une affection respiratoire, et deux affections neurologiques, dont un syndrome de Guillain-Barré de forme modérée. En effet, cette professionnelle de santé de 37 ans « a présenté des paresthésies (fourmillements, troubles de sensibilité), ascendantes des pieds jusqu’au cou et irradiant vers les membres supérieurs, 6 jours après la vaccination par Pandemrix », le seul vaccin actuellement disponible en France, dont le fabricant est GlaxoSmithKline (GSK). Mais ce genre d’effets indésirables était prévu, voire « attendus » selon l’Afssaps. En aucun cas ces « effets indésirables portés à la connaissance de l’Afssaps à la date du 10 novembre 2009 ne remettent pas en cause la balance bénéfice-risque du Pandemrix », estime l’agence.

Polynévropathie aiguë inflammatoire démyélinisante ou Guillain-Barré…

C’est le nom de jeune fille du syndrome du Guillain-Barré, une maladie rare, qui affecte les nerfs périphériques de l’organisme,  ceux qui servent de lien entre notre système nerveux et les récepteurs de notre organisme. Plus précisément, cette maladie attaque la myéline, la gaine qui protège ces nerfs. Les symptômes sont souvent les mêmes : faiblesse, sensations anormales, voire une paralysie commençant des membres inférieurs vers la tête, de façon symétrique. C’est une maladie complexe qui peut intervenir à tous les âges, toucher aussi bien les hommes que les femmes, s’avérer tout à fait bénigne mais également plonger le patient dans une paralysie quasi-totale. Entre 1 700 et 1 800 cas sont traités chaque année en France, la récupération est le plus souvent complète, mais 5 % des patients en meurent, et 10 % en gardent des séquelles. Si syndrôme est diagnostiqué rapidement, les risques de séquelles seront moins élevés.

Mais pour l’instant, le lien de causalité est à vérifier entre la vaccination et le syndrome du Guillain-Barré. En effet, la personne a ressenti six jours après des fourmillements dans les jambes, or un Guillain-Barré, « survient en général plus tard, quinze jours à trois semaines après» a précisé Roselyne Bachelot devant le Sénat. Elle a également expliqué que ce syndrome peut apparaître après une infection virale, une grippe en particulier.

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