Vaccination : She did it!

Vaccination: she did it!L’exemple vient d’en haut, et la ministre de la santé Roselyne Bachelot vient de le prouver en testant ce matin même le vaccin H1 N1. Un geste symbolique marquant le coup d’envoi de la campagne « grand public » de vaccination, l’occasion de rappeler également que le vaccin contre la grippe A(H1N1) était « sûr », selon ses dires…

Objectif : convaincre les français

« Je viens pour dire aux Français qu’ils ont, face à une grippe qui peut avoir des formes dangereuses, un vaccin sûr. Ils ont un vaccin testé. » Face à la montée du scepticisme contre les vaccins H1N1, à une faible mobilisation (à ce jour) de la campagne de vaccination des professionnels de santé, Roselyne Bachelot a tenu à rassurer les 80 % de français encore réticents à la vaccination. Dans ce gymnase du 14ème arrondissement, la ministre de la santé, devant un parterre des journalistes, a relevé sa manche et n’a pas sourcillé pendant la piqûre. Au contraire, la ministre affichait un sourire resplendissant, pendant et après l’injection… Qui sait, peut-être que le rire serait l’un des premiers effets secondaires des vaccins ? Reprenant son sérieux, Roselyne Bachelot a tenu à préciser elle-même certains points.

Deux doses… pour l’instant !

Sa première injection reçue, la ministre de la santé hésite sur le bien fondé d’une deuxième injection. « Nous avons une bonne immunité avec une dose. Nous sommes en train de tester que cette immunité est bien durable dans le temps” a-t-elle déclaré. La réponse définitive devrait intervenir à la fin de ce mois. En tous les cas, « il sera nécessaire de rester à deux doses » pour les enfants de moins de dix ans. Concernant les femmes enceintes, une autorisation est attendue dans la journée de vendredi pour la mise en place d’un vaccin spécial la semaine prochaine.

Contrat BaxterLes labos, responsables ou pas ?

Le 30 octobre dernier, Roselyne Bachelot avait été vivement prise à partie par le député Gérard Bapt (PS), qui lui reprochait un manque de transparence concernant les contrats passés avec les laboratoires fabricants de vaccins. La ministre, passablement agacée,  s’était âprement défendue, en conseillant à celui-ci d’aller vérifier par lui-même la véracité de ses propos. Depuis, un des contrats avec le fabricant Baxter a été entièrement dévoilé par l’Agence France presse. La lecture attentive du contrat dévoile ceci:

Au point  n° 7, on y apprend que Baxter garantit de livrer un vaccin conforme aux règlementations en vigueur. Mais la fin de la phrase sème la confusion puisque « la survenance d’effets indésirables attendus ou inattendus ou le manque d’efficacité ne constitueront pas une violation de la garantie ».

Au point n° 23 dudit contrat (téléchargeable ici), on découvre que ce fabriquant a une obligation de pharmacoviligance (c’est-à-dire, une obligation de surveiller les risques d’effets indésirables liés à l’utilisation des vaccins H1N1).

Mais le point n° 24, écarte la responsabilité de Baxter puisque «  l’Etat s’engage à garantir le titulaire (Baxter, ndlr) contre les conséquences de toute réclamation ou action judiciaire qui pourraient être élevées à l’encontre de ce dernier dans le cadre des opérations de vaccination ».

Interpellée sur cette question, Roselyne Bachelot a levé les ambiguïtés :  » si le vaccin est défectueux, la responsabilité des laboratoires est totalement engagée  ». Certes, le discours est clair. Mais résistera t-il à l’épreuve des faits? Difficile à dire, surtout si l’on en juge des dispositifs contractuels qui protègent Baxter de toute action des justiciables, et verrouillent  également la possibilité d’actions judiciaires éventuelles de l’état contre ce dernier.

Au suivant !

Alors qu’un cas probable de syndrome de Guillain Barré après une vaccination H1N1 vient d’être révélé ce soir par le ministère de la santé, la première journée de vaccination n’a pas été le raz de marée attendu. Certains syndicats de médecins affirment qu’il faudrait autoriser les généralistes à vacciner eux-mêmes leurs patients, qui seraient plus enclins à se faire vacciner dans un climat de confiance. Quoiqu’il en soit, d’autres dirigeants prennent exemple sur notre ministre de la santé, comme Viktor Iouchtchenko, le président de l’Ukraine, dont le pays est confronté à une épidémie de grippe A très virulente (239 victimes à ce jour). Il s’est déclaré être le « premier (…) à recevoir ce vaccin sous les yeux de toute la nation, à montrer l’exemple ». Mais selon Mme Bachelot, le prochain sur la liste, Nicolas Sarkozy, serait « absolument décidé à se faire vacciner» .Chiche !

Laisser un commentaire